Surqualifié, est-ce positif ou négatif?

Vous êtes surqualifié pour cette fonction! Existe-t-il une excuse plus frustrante pour se voir refuser un emploi? Probablement pas, mais cela arrive fréquemment. En Europe, en moyenne un travailleur sur cinq est surqualifié. Et jusqu'à un travailleur sur trois ayant une nationalité étrangère est trop qualifié pour le travail qu'il recherche. Ce sont là des chiffres surprenants qu'Eurostat, l'office des Statistiques de l'Union européenne a récemment publiés.

En Belgique, 59% de la population active ont une ‘qualification adéquate', 28% sont sous-qualifiés et 13% sont surqualifiés. Cela représente plus d'un demi-million des travailleurs. Souvent, les femmes sont surqualifiées. Les hommes sont quant à eux, le plus souvent sous-qualifiés. L'écart entre le diplôme et les qualifications professionnelles diminue au fur et à mesure que la carrière progresse. Cela est probablement dû aux possibilités de promotion interne.

 

Le papillonneur d'emplois

Les employeurs se montrent réticents à l'idée de laisser une chance à du personnel surqualifié. Ils craignent que la fonction proposée ne soit qu'une escale, que leurs employés hautement qualifiés s'ennuient, ou qu'en un rien de temps, ils lorgnent une position ou un salaire plus élevés. Et pour cause: la surqualification peut effectivement mener à du ‘jobhopping'.

 

Un choix personnel

Pourtant, beaucoup de personnes choisissent délibérément un emploi en-dessous de leur niveau. Parce qu'ils veulent moins de responsabilités, avoir plus de temps pour eux-mêmes ou pour leur famille, pour des raisons de santé, ... et parfois même, parce qu'ils ont une affinité avec les valeurs de l'entreprise. Refuser un candidat uniquement parce qu'il est surqualifié, n'est certainement pas intelligent.

 

De meilleures performances

Une étude de la ‘University of South Carolina' aux Etats-Unis fournit davantage de raisons de donner une chance à des candidats surqualifiés: en moyenne, ils atteignent de meilleures performances que des candidats qui ont à première vue un profil correspondant mieux à la fonction. Selon le chercheur Anthony Nyberg, le personnel surqualifié peut apporter une importante plus-value et ce ne serait pas une bonne stratégie de refuser systématiquement ces candidats, par crainte qu'ils ne trouvent pas leur poste assez passionnant et qu'ils démissionnent donc rapidement.

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