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Alcool sur le lieu de travail

Des consignes claires dès le 1er avril


Pour le 1er avril au plus tard, chaque entreprise doit disposer d'une politique préventive en matière d'alcool et de drogue. C'est écrit dans la CCT n° 100 du 1er avril 2009. Tout est centré sur l'approche préventive, ce qui est logique: en vertu de la loi sur le respect de la vie privée, le patron n'a pas le droit de soumettre à sa guise un travailleur à un test sanguin ou un test d'urine. Même pas lorsque celui-ci est manifestement ivre au boulot.

Précisons tout d'abord ceci: l'alcool au travail n'est pas interdit par la loi, mais l'employeur peut l'interdire. Selon les prescriptions du patron, un travailleur belge sur trois ne peut jamais boire d'alcool au travail, un travailleur sur deux peut boire à des occasions spéciales comme une fête du personnel ou la célébration d'un événement, et 17% des travailleurs peuvent consommer quotidiennement de l'alcool au travail, par exemple à la cantine de l'entreprise.

 

Approche confuse

A l'heure actuelle, il n'existe pas de règles claires régissant la consommation d'alcool sur le lieu de travail. D'après le secrétariat social Attentia, deux entreprises sur trois appliquent certaines consignes, qui sont habituellement reprises dans le règlement du travail (84%), la brochure d'accueil des nouvelles recrues (28%) ou le code de conduite (15%). Seules 5% des entreprises auraient une politique distincte en matière de consommation d'alcool et de drogue.

 

Gros buveurs

Une enquête de Securex révèle par ailleurs que plus de 13% des travailleurs abusent de l'alcool. Nous parlons ici de plus de 21 unités par semaine. Un pour cent des travailleurs avoue dans cette même enquête ne pas être en mesure de travailler normalement au moins une fois par mois en raison d'une consommation excessive d'alcool. Les hommes de moins de 30 ans sont ceux qui sont le plus souvent ivres. Autre fait peu rassurant: un travailleur belge sur trois conduit parfois sous influence.

 

Pas un poisson d'avril

Le 1er avril 2010, une chose au moins va changer: les entreprises ne pourront plus se désintéresser des éventuels problèmes d'alcool ou de drogue sur le lieu de travail. L'accent n'est pas mis sur la consommation problématique d'alcool ou de drogue en soi, car les avis peuvent diverger à ce sujet. La politique de prévention doit en revanche attirer l'attention du travailleur sur son comportement au travail et ses éventuels dysfonctionnements. Ce sont là des éléments qui peuvent être établis objectivement et ne vont dès lors pas à l'encontre de la loi sur le respect de la vie privée.

 

Approche sobre

La mission de l'employeur est donc claire : donner des consignes précises d'ici au 1er avril. Doivent désormais figurer dans le règlement de travail des directives concrètes pour une politique en matière d'alcool et de drogue sur le lieu de travail. C'est-à-dire:

  • des règles pour le personnel à propos de la consommation d'alcool et de drogue;
  • des procédures pour aborder les comportements problématiques;
  • l'aide à apporter par le conseiller en prévention et le médecin du travail;
  • l'information et la formation des dirigeants, de manière à ce qu'ils puissent détecter à temps les situations problématiques et sachent comment y réagir.

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